Ès-tocade

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Bréviaire du développement personnel à l'intention du trentenaire

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Il y a quelques jours, une discussion avec un trentenaire a dérapé pour s’égarer sur le développement personnel. Sa bouche en cœur a alors éructé un magma de dédain à l’égard de cette discipline si chère à pas mal de quarantenaires. Sur le moment, je n’ai rien trouvé d’autre à lui rétorquer que : « un jour, tu comprendras. »

Mais après réflexion, voici ce que je tiens à lui dire – avant que ce jour n’arrive :

 

 

 

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Toi, trentenaire, ô digne représentant de la génération Y, en pleine décennie de la construction (couple, enfants) et du faire (action et développement de ta carrière), tu sembles avoir du mal à saisir l’essor du mouvement de bien-être/développement personnel qui fait pourtant rage autour de toi. Tu le taxes de monde de bisounours à la syntaxe ampoulée, aux recettes indélébiles toutes trouvées, au nombrilisme patenté dans lequel ça te ferait mal de te reconnaître pour t’explorer.

Et puis, tu penses déjà te faire suffisamment de bien en absorbant du bio, en t'assourdissant à l’électro et en consommant du poil à zéro.

 

 

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Or, mire donc le paradoxe : comment, en étant l’incarnation même de la mutation en cours de ce monde, peux-tu être fondamentalement contre le dév perso qui consiste lui-même à se réformer et à se bouleverser ? Et pourquoi, alors que tu contribues à colporter de nouvelles valeurs, t’opposes-tu à le considérer avec tendresse tandis que son principe fondateur n’est autre que celui d’abandonner d’anciens schémas en faveur de nouvelles manières d’appréhender ton univers ?

 

 

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Autre hic du schmilblic ? C’est que cette ouverture apparente sur le monde est chez toi clairement contrebalancée par ta dénégation d’une dimension sacrificielle. La notion d’effort, de compromis, d’adaptation aux autres dans un monde pro certes empoussiéré, aux valeurs archaïques et à la hiérarchie pyramidale (El Khomri, sors de ce corps), c’est pas facile pour toi.

 

Tout comme suspendre ton vol pour trouver ton aiguille sentimentale dans une botte de foin pléthorique semble te paraître incongru dans cette société du zapping aux tentations chaque jour décuplées. Parce que choisir, c’est renoncer ; et qu’avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière, tu es convaincu que tu vas pouvoir gérer.

 

 

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Donc tu préfères légitimement emprunter des chemins de traverse, parfois brillants et géniaux, pour contourner ce que tu imagines être ta claustration de bon petit soldat à la merci de ton tortionnaire N+1. Bref, tu prends la poudre d’escampette et contribues ainsi à redéfinir toute la chaîne corporate qui fut si parfaitement huilée durant tant de décennies confinées. Tout comme tu t’éloignes sans vergogne du schéma du couple qui, pendant longtemps, équivalait à 1 + 1 = 1 toit, parce que le point de croix des longues soirées d'hiver te paraît moins sexy que de continuer à se donner rendez-vous et se faire tourner la tête – pirouette, cacahuète.

 

 

 

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Quelle trahison, quelle pusillanimité mais surtout, au final… quel nombrilisme !!!

Ohhhhh… ben tu vois, la boucle est bouclée : en fait, tu es, par définition, totalement égocentré ! Par conséquent, le dév perso, que tu taxes toi-même de nombriliste, ça devrait te parler.

Reste à pallier ta très modeste notion de l’effort, évoquée plus haut. Parce qu’évidemment, bosser sur soi, c’est âpre, ardu, souvent fâcheux, avant d’être, au final – si t’as pas abandonné en cours, hein – super salutaire !

 

Alors je vais te présenter les choses autrement ! Toi qui imposes comme un dû l’équilibre entre ta vie pro et perso ; toi, le fervent promoteur de la parité hommes-femmes – y compris de l’égalité des salaires, ce qui, dit en passant, permettra aux femmes de te quitter bien plus facilement, ami homme – ; toi qui te mithridatises à coups d’IT, de biotech, greentech et hacktech, que la perspective de cet avenir plus qu’incertain accouardit (on le serait à moins),

 

 

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Imagine, qu’en bossant sur toi en amont de la rencontre de l’homme ou de la femme de ta vie (dont tu ne pourras pas te passer, même si l’idée t’en paraissait peu amène, car tu auras besoin d’un/e complice face à la barbarie de cette société sécessionniste et dépressionnaire), ça te permette in fine de trouver une personne qui te convienne profondément, c’est-à-dire aussi versatile, égocentrée et la peur chevillée au corps que toi mais qui aura bossé sur elle itou. Qu’en te débarrassant   d'une  grande partie de tes névroses, qui pourraient avoir le pouvoir subliminal de plomber ta relation future et de la mener inévitablement à l’échec, tu lui donnais plutôt une chance de péricliter naturellement (Vs. avec le temps va, tout s’en va…) plutôt qu’en raison du fait que tu es un sociopathe ?

 

 

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Et si vous vase-communiquiez idylliquement, vous accordiez instinctivement, vous entendiez sans avoir besoin de vous parler, youhouuuuu, ce serait quand même le booooonheur, non ?!

Non ??!! Ben si… Parce qu’en fait, ça t’évitera d’avoir à squatter les sites de rencontre pour trouver celui ou celle qui te fera office de Spa dans ta vie casanière, biberonesque et gastroïsée, ou celui ou celle vouée à renouveler – et rajeunir – celle qui vient de se faire la malle.

 

Ditto concernant ta sphère pro… Que tu sois free-lancer, cador salarié d’une multinationale CAC40isée, ou juste ubérisé, tu sauras désormais te servir de ton petit doigt autrement que pour entretenir le poil que tu as dans la main. Et t’accorder du crédit (il n’est pas encore question d’argent ici) te mènera tout droit, sans repasser éternellement par la case départ, vers le succès, tout le succès, rien que le succès, parce que tu sauras que tu es un astre, que dis-je, un être de lumière ! Bref, tu entameras ta grande chevauchée sur le chemin de ton extravagance, de ta ruée vers l’or, du job qui te correspond vraiment – oui, vraiment. Moralité : la fin de tes petites faims et des jobs tout pourris.

 

 

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Certo, jusqu’ici, je ne t’ai parlé que des résultats et pas du comment faire. Si ça t’intéresse, je serais ravie de n’expliquer à toi, rien qu’à toi, toutes les méthodes cocasses pour y parvenir et dévoiler le nom des meilleurs praticiens en la matière (bon, je le fais illico, sait-on jamais, sur un malentendu : Coaching : Cécile Krug : 06 03 46 42 14 ; Hypnothérapie et magnétisme : Belen Canovas : 06 60 40 67 58 ; EMDR : Brigitte Prieux : 06 81 66 54 61).

 

 

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Maintenant, si je ne t’ai pas convaincu…

 

T’as envie d’en faire qu’à ta tête ? De foncer tête baissée avec 99 % de chances de ne rencontrer qu’un mur ? Tout ça, ce ne sont que de vains mots spéculatifs qui n’ont rien à voir avec ta réalité ? Libre à toi d’être borné. J’aurai au moins essayé d’éclairer ta lanterne, parce que dans le noir, on ne sait pas toujours sur quoi on va tomber et qu’il vaut mieux être le plus armé possible pour l’appréhender héhéhéhéhé



12/05/2016
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